La technologie RAID (acronyme de Redundant Array of Inexpensive Disks, parfois Redundant Array of Independant Disks, traduisez Ensemble redondant de disques indépendants) permet de constituer une unité de stockage à partir de plusieurs disques durs. L'unité ainsi créée (appelée grappe) a donc une grande tolérance de panne sans perte de données, ou bien une plus grande capacité d'écriture. La répartition des données sur plusieurs disques durs permet donc d'augmenter la sécurité de ces données et la fiabilité des services associés.
Cette technologie a été mise au point à l'Université de Californie (Berkeley) en 1988. Elle consiste à constituer un disque de grosse capacité (donc coûteux) à l'aide de plus petits disques peu onéreux (c'est-à-dire dont le MTBF, Mean Time Between Failure, soit le temps moyen entre deux pannes, est faible).
Les disques assemblés selon la technologie RAID peuvent être utilisés de différentes façons, appelées Niveaux RAID. L'Université de Californie en a défini 4, auxquels ont été ajoutés les niveaux 0 et 6. Chacun d'entre-eux décrit la manière de laquelle les données sont réparties sur les disques:
Niveau 0: appelé striping
Niveau 1: appelé mirroring,shadowing ou duplexing
Niveau 2: obsolète
Niveau 3: appelé disk array with bit-interleaved data
Niveau 4: appelé disk array with block-interleaved data
Niveau 5: appelé disk array with block-interleaved distributed parity
RAID Over IP (Niveau 1 par IP): appelé réplication réseau
Chacun de ces niveaux constitue un mode d'utilisation de la grappe, fonction :
des performances
du coût
des accès disques
Niveau 0
Le niveau 0, appelé (striping) (traduisez entrelacement, il est parfois injustement appelé stripping) consiste à stocker les données en les répartissant sur l'ensemble des disques de la grappe, en les synchronisant. De cette façon, il n'y a pas de redondance, on ne peut donc pas véritablement parler de système RAID. En effet en cas de défaillance de l'un des disques, l'ensemble des données réparties sur les disques seront perdues. Toutefois, étant donné que chaque disque de la grappe a son propre contrôleur, cela constitue une solution offrant une vitesse de transfert élevée.
On parle de facteur d'entrelacement pour désigner la taille du fragment stocké sur chaque unité physique. Le débit de transfert moyen dépend de ce facteur (plus il est petit meilleur est le débit).
Le RAID 0 consiste ainsi en la juxtaposition logique de plusieurs disques durs physiques:
2 HD de 20 Go donneront un HD logique de 40GO
1 HD de 10Go plus 1 de 27Go donneront un HD logique de 10Go (il faut 2 disques identiques sinon le système RAID prend le plus petit disque comme référence. Ici 17 Go seront inutilisable)
Niveau 1
Le niveau 1 a pour but de dupliquer l'information à stocker sur plusieurs disques, on parle donc de mirroring, ou shadowing pour désigner ce procédé. On obtient ainsi une plus grande sécurité des données, car si l'un des disques tombe en panne, les données sont sauvegardées sur l'autre. D'autre part, la lecture peut être beaucoup plus rapide lorsque les deux disques sont en fonctionnement. Enfin, étant donné que chaque disque possède son propre contrôleur, le serveur peut continuer à fonctionner même lorsque l'un des disques tombe en panne, au même titre qu'un camion pourra continuer à rouler si un de ses pneus crève, car il en a plusieurs sur chaque essieu...
En contrepartie la technologie RAID1 est très onéreuse étant donné que seule la moitié de la capacité de stockage n'est effectivement utilisée.
Niveau 2
Ce niveau RAID est désormais obsolète, car il propose un contrôle d'erreur par code de Hamming (codes ECC - Error Correction Code), or ce dernier est actuellement intégré dans les contrôleurs de disques.
Cette technologie consiste à stocker les données selon le même principe qu'avec le RAID 0 mais en écrivant sur une unité distincte les bits de contrôle ECC (généralement 3 disques ECC sont utilisés pour 4 disques de données).
La technologie RAID 2 offre de piètres performances mais un niveau de sécurité élevé..
Niveau 3
Le niveau 3 propose de stocker les données en bytes sur chaque disque et de dédier un des disques au stockage d'un bit de parité. De cette manière, si l'un des disques venait à défaillir, il serait possible de reconstituer l'information à partir des autres disques. Après "reconstitution" le contenu du disque défaillant est de nouveau intègre. Par contre, si deux disques venaient à tomber en panne simultanément, il serait alors impossible de remédier à la perte de données.
Niveau 4
Le niveau 4 est très proche du niveau 3. La différence se trouve au niveau de la parité, qui est faite sur un secteur (appelé bloc) et non au niveau du bit, et est stockée sur un disque dédié. C'est-à-dire plus précisément que la valeur du facteur d'entrelacement est différente par rapport au RAID 3.
Ainsi, pour lire un nombre de blocs réduits, le système n'a pas à accéder à de multiples lecteurs physiques, mais uniquement ceux sur lesquels les données sont effectivement stockées.
Niveau 5
Le niveau 5 est similaire au niveau 4, c'est-à-dire que la parité est calculée au niveau d'un secteur, mais répartie sur l'ensemble des disques de la grappe.
De cette façon, RAID 5 améliore grandement l'accès aux données (aussi bien en lecture qu'en écriture) car l'accès aux bits de parités est réparti sur les différents disques de la grappe.
Nota : Un minimum de 3 Disque est requit x + y = z pour la répartition des bit de parités
Niveau 6
Le niveau 6 a été ajouté aux niveaux définis par Berkeley. Il définit l'utilisation de 2 fonctions de parité, et donc leur stockage sur deux disques des disques. Ce niveau permet ainsi d'assurer la redondance en cas d'avarie simultanée de deux disques.
Nota : Un minimum de 4 disques est requis pour la répartition des 2 bits de parité.
RAID Over IP
Le RAID Over IP (Niveau 1 par IP ou réplication réseau), reprend le principe du RAID 1 mais en utilisant un disque second sur un autre serveur.
Pour effectuer celui-ci, nous devons utiliser un module Kernel Linux nommé DRBD (Distributed Replicated Block Device) pour intercepter les données au niveau de l'ordonnanceur de disque et le transmettre à une interface réseau qui devrait être dédié et de type Gigabit pour permettre des transferts à plus de 100Mo/s.
Ce module est couplé à un système de HeartBeat qui passera le noeux secondaire en maitre si le premier tombe.
Ce dernier mode est très efficace pour créer un Cluster Zero-Fault à faible coût.
Comparaison
Les solutions RAID généralement retenues sont le RAID de niveau 1 et le RAID de niveau 5.
Le choix d'une solution RAID est lié à trois critères :
la sécurité : RAID 1 et 5 offre tous les deux un niveau de sécurité élevé, toutefois la méthode de recontruction des disques varie entre les deux solutions. En cas de panne du système, RAID 5 reconstruit le disque manquant à partir des informations stockées sur les autres disques, tandis que RAID 1 opère une copie disque à disque.
Les performances : RAID 1 offre de meilleures performances que RAID 5 en lecture, mais souffre lors d'importantes opérations d'écriture
Le coût : le coût est directement lié à la capacité de stockage devant être mise en oeuvre pour avoir une certaine capacité effective. La solution RAID 5 offre un volume utile représentant 80 à 90% du volume alloué (le reste servant évidemment au contrôle d'erreur). La solution RAID 1 n'offre par contre qu'un volume disponible représentant 50 % du volume total (étant donné que les informations sont dupliquées).
Mise en place d'une solution RAID
Il existe trois façon différentes de mettre en place une solution RAID sur un serveur :
de façon logicielle : il s'agit généralement d'un driver au niveau du système d'exploitation capable de créer un seul volume logique avec plusieurs disques (SCSI ou IDE).
de façon matérielle :
avec des matériels DASD (Direct Access Stockage Device) : il s'agit d'unités de stockage externes pourvues d'une alimentation propre. De plus ces matériels sont dotés de connecteurs permettant l'échange de disques à chaud (on dit généralement que ce type de disque est hot swappable). Ce matériel gère lui-même ses disques, si bien qu'il est reconnu comme un disque SCSI standard
avec des contrôleurs de disques RAID : il s'agit de cartes s'enfichant dans des slots PCI et permettant de contrôler plusieurs disques durs.
Sources
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Pour une développement plus approfondis je vous conseille ce document que j'ai trouvé sur le net et que j'ai trouvé très intéressant.
Cette article présente la technologie RAID dans son ensemble. Il se veut le plus complet et le plus pertinent possible tout en restant parfaitement accessible aux débutants. Devant l'ampleur du sujet, cet article a été subdivisé en plusieurs parties :
1) Introduction
Le RAID matériel est très utilisé dans le monde professionnel. En effet, beaucoup d’Entreprises ne peuvent se permettre de perdre des données ou bien de voire le réseau paralysé à cause d’une panne sur un disque dur. C’est pourquoi de nombreux serveurs qui reçoivent beaucoup de requêtes (serveur Web, serveur de messagerie, serveur hébergeant une base de données, …) ou qui manipulent de gros volumes de données (serveur de fichiers) utilisent le RAID notamment matériel.
2) Quelques petits rappels
la notion de contrôleur
Très souvent dans cet article, les composants qui jouent le rôle d’interface entre le chipset sud de la carte mère et les disques durs sont nommés contrôleurs. Par exemple, on nomme contrôleur RAID IDE, un jeu de composants qui permet d’interconnecter les disques durs IDE et le chipset sud (ou southbridge) de la carte mère tout en supportant la mise en place d’un RAID matériel. En réalité, cette appellation est fausse car le contrôleur est la puce qui contrôle les actions du disque dur (déplacement des têtes, état du cache,…).
Cette puce est située sur le disque dur lui-même et non sur la carte mère. Le jeu de composants qui permet de relier le disque et la carte mère est en fait un simple adaptateur et devrait être nommé comme tel. Cependant, par abus de langage, les utilisateurs mais aussi les constructeurs !!! désignent ce jeu de composant « contrôleur ». C’est pourquoi dans la suite de cet article, quand vous verrez le mot « contrôleur RAID SCSI », il faudra comprendre adaptateur situé sur la carte mère ou sur une carte d’extension qui propose une interface SCSI et gère la technologie RAID.
RAID PATA, RAID SATA et RAID SCSI
Dans la suite de cet article, lorsque le terme RAID IDE (ou RAID PATA) est utilisé cela signifie RAID avec des disques durs compatibles avec l’interface PATA (Parallel ATA), et lorsque le terme RAID SCSI est utilisé cela signifie RAID avec des disques durs compatibles avec l’interface SCSI. De même le terme RAID SATA désigne des ensembles de disques durs utilisant la technologie RAID composés de disques durs utilisant l’interface SATA (Serial ATA).
Bande passante et débit
Les termes bandes passantes et débits sont très souvent utilisés dans cet article et en informatique de manière générale. C'est pourquoi il ne faut pas les confondre. La bande passante représente la quantité de donné maximale que l'on peut transférer en un temps donné. Le débit représente la quantité de données réelles que l'on peut transférer en un temps donné.
3) le RAID IDE (ou RAID PATA)
Pour les stations de travail, le problème du matériel à utiliser pour faire du RAID ne se posait pas il y a quelques années. En effet, il y a 5 ans la technologie RAID n’était disponible que pour les disques durs SCSI qui par leurs prix élitistes les réservaient au monde professionnel. Cependant grâce à la société Promise technology qui a commercialisé le premier contrôleur RAID IDE nommé FastTrack, la technologie RAID a pu être adaptée pour les disques durs à la norme IDE.
L’apparition des contrôleurs RAID IDE a fortement popularisé la technologie RAID. Cette technologie est maintenant utilisée par beaucoup d’utilisateurs avancés ou « power users » qui souhaitent obtenir de un plus grand espace de stockage, de meilleures performances ou bien encore maximiser la sécurité de leurs données.
Dorénavant, un grand nombre de cartes mères « grand public » intègrent en standard un contrôleur RAID IDE. Cependant les constructeurs de cartes mère (Asus, Abit, Gigabyte, MSI, Elite …) peuvent intégrer ce contrôleur de deux manières différentes :
o Il peut être relié directement au chipset sud (ou southbridge) de la carte mère. Ce cas de figure permet un maximum de performance car le contrôleur est généralement relié au southbridge avec des bus (ou liaisons électriques) rapides (exemple : 533Mo/s).
o Il peut être rajouté sur la carte mère grâce à une connexion sur le bus PCI. Cependant, le bus PCI possède une bande passante limitée (133Mo/s par canal). En outre, La plupart du temps les constructeurs de carte mère n'utilise qu’un seul canal pour des raisons de coût. Dans ce cas la bande passante réservée au contrôleur RAID est de 133Mo/s moins la bande passante que les périphériques branchés sur les ports PCI (cartes son, cartes réseau, …) vont consommer. Cela pourra sérieusement brider les performances en mode RAID 0 par exemple.
La seconde façon de mettre en place du RAID matériel est d’utiliser une carte contrôleur dédiée. Généralement ces cartes sont au format PCI 32 bits et en de rares occasions au format PCI 64bits. Il faut être vigilant lorsque l’on met en place du RAID sur une carte d’extension notamment au format PCI 32bits. En effet, selon les cartes mères l’ensemble des ports PCI 32bits se partage un ou plusieurs canaux avec une bande passante de 133Mo/s chacun. En admettant que la carte mère ne propose qu’un seul canal et donc une bande passante de 133Mo/s pour tous les ports PCI, il faudra veiller à ne pas mettre deux cartes RAID possédant chacune 4 disques en RAID 0 par exemple car dans ce cas les performances se retrouveraient sérieusement bridées par l’interface limitée elle à 133Mo/s.
De manière générale les cartes contrôleur IDE ne possèdent pas ou très peu de mémoire cache. Elles sont quasiment toutes au format PCI 32 bits (avec une bande passante de 133 Mo/s) et implémentent le RAID 0, 1 et 0+1 (soit le niveau 10, soit le niveau 01).
Cependant, il existe quelques cartes contrôleur RAID IDE « haut de gamme ». Ces cartes au format PCI 64 bits (avec une bande passante de 266 Mo/s par canal) implémentent le niveau RAID 5 et peuvent parfois gérer jusqu’à 16 périphériques et accueillir jusqu’à 256 Mo de mémoire (comme la carte Promise SuperTrack SX6000).
Ci à gauche, une carte RocketRAID 454 de la marque HighPoint qui possède quatre canaux Ultra ATA 133 et permet donc l’installation de 8 disques durs en UDMA 133.Cette carte implémente les niveaux RAID 0, 1, 5, 10 et JBOD.
4) Le RAID SATA
Depuis la mise en place du Serial-ATA, les cartes RAID fleurissent sur le marché. En effet, cette nouvelle interface est bien plus propice à la mise en place du RAID que l’ancienne interface ATA (encore appelée IDE). D’une part grâce aux débits plus élevés (jusqu’à 1,5Gb/s soit 187,5Mo/s par canal et bientôt 320Mo/s par canal avec le SATA2) et d’autre part grâce à la gestion du branchement à chaud ou hotplug. Les constructeurs rivalisent donc d’ingéniosité pour sortir de nouvelles cartes contrôleur RAID SATA.
On peut évoquer la carte RocktetRAID 1544 de la marque HighPoint (format 64 bits). Cette carte innove car elle possède 4 canaux eSATA (external SATA) proposant chacun une bande passante de 1.5 Gb/s soit 187.5 Mo/s. L’eSATA est une technologie propriétaire mise en place par HighPoint permettant de connecter des disques durs SATA externes (par l’intermédiaire de câbles à la norme IEEE 1394). On peut donc mettre en place un RAID matériel même si le boîtier ne contient plus d’emplacements 3,5 pouces de libre. Cette carte aussi supporte les niveaux RAID 0, 1, 5, 10 et JBOD.
Il est noter que la marque Hightpoint commercialise aussi une version plus "huppée" de la RocketRAID 1544, nommée RocketRAID 1820. Elle propose de hautes performances et est spécialement destinée au monde de l'Entreprise. En effet, si elle ne gère pas l'eSATA, cette carte dispose de 8 canaux Serial ATA "classique" ce qui permet de connecter jusqu'à 8 périphériques. De plus elle utilise le format PCI-X 133MHz qui permet une bande passante de 1200 Mo/s. Comme sa petite soeur, elle implémente les niveaux RAID 0, 1, 5, 10 et JBOD.
carte RocketRAID 1820 de la marque Highpoint
5) le RAID SCSI
La technologie RAID a été pensée pour le SCSI. Ainsi, certaines cartes mères destinées aux serveurs implémentent des contrôleurs SCSI qui gèrent le RAID directement sur la carte. Mais dans la plupart des cas on doit installer une carte d’extension au format PCI-X, PCI 64 bits voire même PCI 32 bits (peu recommandé) pour mettre en place un RAID matériel.
La plupart des cartes contrôleur supportant le RAID SCSI sont très onéreuses. Ce coût élevé est dû en partie la présence de microprocesseurs performants (pour synchroniser les échanges de données entre le bus PCI et les disques branchés sur la carte et surtout pour le calcul des informations de parité) ainsi qu’à la présence d’une grande quantité de mémoire cache. Généralement la mémoire utilisée est de la mémoire SD-RAM ECC. La quantité peut varier de 32 Mo à 256 Mo de mémoire.
La présence d’autant de mémoire est justifiée. En effet, la quantité de mémoire est un facteur déterminant pour les performances surtout lorsque l'on met en place un niveau de RAID avec parité (RAID 3, 4, 5, 6, 30, 50, ...). Grâce à des cartes contrôleurs et des disques très performants, le RAID SCSI permet d’atteindre des débits impressionnants. Il n’est pas rare de dépasser les 500 Mo/s en lecture avec un niveau RAID 10 ! C’est pourquoi lorsque l’on veut mettre en place un niveau de RAID, il faut sélectionner la bonne carte.
En effet, si l’on souhaite mettre en place un niveau RAID 5 avec quatre disques tournant à 10 000 tr/min, une carte au format PCI 64 bits (c’est-à-dire avec une bande passante de 266 Mo/s) suffira.
Par contre, si l’on souhaite mettre en place un niveau RAID 10 avec seize disques tournant à 15 000 tours/min, une carte au format PCI-X (le format PCI-X permet une bande passante de 1.06 Go/s) possédant beaucoup de mémoire est fortement recommandée.
Dans le cas où l’on doit mettre en place un ensemble RAID performant, il faut essayer dans la mesure du possible d’harmoniser les composants entre eux. En effet, si l’on branche beaucoup de disque dur SCSI Ultra Wide 320 sur une carte possédant un seul canal limité à 160 Mo/s, il y a de fortes chances pour que le canal sature.
6) RAID IDE, SATA, ou SCSI : Que choisir ?
La foudroyante propagation de la technologie RAID IDE ces dernières années est due au prix des disques durs utilisant cette interface. En effet, ils sont bien moins onéreux que leurs homologues SCSI à capacité égale.
Ils sont très intéressants pour les particuliers. Mais ils sont aussi une opportunité pour les petites entreprises ayant un budget limité et qui souhaitent sécuriser leurs données à moindre coût.
L'interface PATA qui a atteint ses limites (largeur des nappes, débits limités à cause de la trop grande sensibilité des transfert parralèles aux interférences électromagnétiques, pas de hotplug, ...) est en passe d'être remplacé par l'interface Serial ATA. Le SATA se positionne dans la même gamme de prix que le PATA. C'est pourquoi nous allons faire l'impasse sur le PATA et essayer de savoir quelle interface est la plus intéressante. Alors : SCSI ou SATA?
Voici un petit tableau qui compare les caractéristiques de deux disques durs de la marque Seagate : le premier utilise l'interface Serial-ATA et le second utilise l'interface SCSI. Les informations contenues dans le tableau suivant ont été relevées sur le comparateur de prix : www.prixdunet.com le 25/01/2004.
Seagate Barracuda Seagate U320 Cheetah
modèle 7200.7 10K.6
interface Serial-ATA (SATA 150) SCSI (Ultra Wide 320)
capacité (non formaté) 160 Go 146.8 Go
vitesse de rotation 7200 tr/min 10 000 tr/min
taille de la mémoire cache 8 Mo 8 Mo
bande passante théorique 150 Mo/s 320 Mo/s
débit en lecture/écriture
(chiffre très approximatif) ~50 Mo/s ~100 Mo/s
prix 114,70 euros 965 euros
Il est indéniable que pour une même capacité, le rapport performance/prix du disque Serial-ATA est supérieur à celui du disque SCSI. En effet, pour le prix du disque SCSI, on peut acheter 7 disques utilisant l'interface Serial-ATA. Le disque SCSI ne peut justifier cette différence de prix malgré ses meilleures performances (de part leurs vitesses de rotation plus élevées, les disques SCSI offrent de meilleurs débits et surtout des temps d'accès moyens réels plus faibles que les disques SATA) et son temps moyen entre pannes (ou MTBF = Mean Time Between Failure) supérieur.
Voici maintenant un petit comparatif entre deux cartes contrôleurs de la marque LSI. L’une des cartes supporte l’interface SCSI et l’autre l’interface Serial-ATA. La carte à la norme SCSI permet d’accueillir plus de disques durs et gère plus de modes RAID différents, cependant elle est plus chère et les performances seront fortement bridée par le format PCI 32 bits utilisé ici.
LSI MegaRAID SATA 150-6 LSI Mylex AcceleRAID 170
format de la carte PCI 64 bits (266Mo/s) PCI 32 bits (133 Mo/s)
Taille de la mémoire cache intégrée à la carte 64 Mo 64 Mo
niveaux de RAID supportés 0, 1, 5, 10, 50 0, 1, 3, 5, 01, 10 ,30, 50
nombre de disques maximum 8 15
prix 519 euros 700 euros
On peut donc conclure que les prix des cartes contrôleurs « haut de gamme » sont sensiblement les mêmes que ça soit pour le Serial ATA ou bien encore le SCSI. L’avantage des disques durs Serial ATA reste donc leur prix peu élevé par rapport aux disques SCSI.
Pour conclure, l'interface Serial-ATA est donc une excellente alternative à l'interface SCSI sauf bien entendu sur les gros serveurs de fichiers pour lesquels les performances passent avant le prix
7) les dispositifs de stockages réseau ou NAS
Il existe une autre solution de stockage fréquemment utilisé par les Entreprises : les périphériques de stockage en réseau ou NAS (pour Network Attached Storage). Les NAS se présentent la plupart du temps sous la forme de boîtiers externes possédant leurs propre source d’alimentation. Ces boîtiers sont soit autonomes, soit intégrables dans des backbones (généralement dans des racks 1U, 2U ou 3U d’une taille de 19’’).
Ils contiennent généralement plusieurs disques durs le plus souvent à la norme SCSI. Les NAS permettent de mettre en place le RAID très facilement. On peut ainsi obtenir des unités de stockages très fiables et faciles à mettre en place. En effet, les serveurs de fichiers qui utilisent « une machine complète » ont beaucoup plus de chances de tomber en panne que les NAS (surchauffe du processeur, barrette de mémoire grillée ou tout simplement plantage du système d’exploitation).
Le plus souvent les NAS sont reliés au réseau via une prise RJ45 gigabit ou bien via une prise optique. On trouve parfois des NAS d’entrée de gamme utilisant une prise RJ45 en 10/100.
les disques durs NDAS
Attention !!! Il ne faut pas confondre NAS (Network Attached Storage) et NDAS (Network Direct Attached Storage). En effet, les NDAS se présentent aussi sous la forme de boîtiers contenant des disques durs. Contrairement aux NAS, les périphériques NDAS ne sont pas directement reliés au réseau mais doivent passer par un ordinateur pour communiquer avec le réseau. Il ne sont donc pas totalement autonomes (la plupart du temps, il faut installer un pilote pour que les ordinateurs du réseau puissent communiquer avec un périphérique NDAS). De plus les NDAS contiennent généralement un seul disque et n'implémentent donc pas la technologie RAID. Cela signifie que les NDAS ne gèrent pas la tolérance de pannes.
Ci-contre le Netdisk de la marque Ximeta est un disque dur NDAS. Il contient un disque dur de 80, 120 ou 160Go (selon les versions) tournant à 7200tr/min et possédant 2Mo de cache. Il peut se raccorder à une machine ou au réseau grâce à un port USB 2.0 ou bien grâce à une prise RJ45. De plus on peut le paramétrer avec une interface web.
Pour se raccorder à la machines, les NDAS utilisent le plus souvent l'interface IEEE1394 (firewire) qui autorise une bande passante de 400Mb/s ou bien encore l'interface USB 2.0 qui autorise une bande passante de 480Mb/s (parfois les NDAS utilisent l'USB 1.1 qui offre une bande passante de 12Mb/s...). Certains NDAS, possèdent aussi des prises RJ45 et proposent une interface web. (ici s'arrête ce petit aparté sur les NDAS :-) ).
Les NAS se configurent généralement grâce à une interface Web (c'est-à-dire qu’ils contiennent un serveur HTTP). Certains peuvent même prévenir l'administrateur en envoyant un e-mail en cas de panne de l'un des disques.
Les NAS permettent donc de partager des données sur le réseau tout en proposant une grande fiabilité (ils sont à l’abris des pannes d’ordre logiciel), des performances de premier ordre (grâce au RAID), une intégration et une maintenance facilité (le plus souvent au format 19’’, monitoring en façade, système de racks, disques échangeables à chaud en cas de panne,…). En fait, le seul inconvénient des NAS est leur prix très élevé qui les met hors de la portée des PME.
8) Le hotspare
Certaine cartes RAID et/ou périphériques NAS permettent de brancher un ou plusieurs disques de rechange (spare disks). Ces disques ne sont pas utilisés sauf en cas de panne de l’un des disques. Voici un petit exemple :
Dans l'exemple précédent, on a mis en place un RAID 1 avec deux disques et on a aussi rajouté un disque de spare (bien entendu il faut un équipement qui supporte le hotspare). Si l'un des disques de l'ensemble RAID un vient à tomber en panne, il sera immédiatement remplacé par le disque de spare. Cela permet d'augmenter la tolérance de panne de l'ensemble RAID car si on utilise un disque de spare, on peut se permettre de perdre un disque supplémentaire sans perte de données. Cela est bien entendu coûteux en terme d'équipement sur des petits ensemble RAID. Par contre sur de gros ensembles (5 disques et plus) cela peut devenir très intéressant.
Par exemple, si l’on a une carte RAID adaptée on peut créer un RAID 50 avec seize disques durs (4 ensembles RAID 5 de quatre disques durs chacun montés en RAID 0) et rajouter un 17è disque de secours. Si l’un des disques de l’ensemble RAID 5 tombe en panne alors le disque de rechange prend instantanément le relais ce qui permet de conserver la tolérance de panne. L’administrateur peut ensuite changer tranquillement le disque défectueux sachant que le système reste sécurisé.
Attention : Il ne faut pas confondre le hotspare avec le hotplug. Le hotplug (encore appelé hotswap) est une technologie qui permet de brancher à chaud diverses équipement. Par exemple, l'interface USB supporte le hotplug (on peut brancher/débrancher des périphériques USB même lorsque le système est en fonctionnement). Au niveau des périphériques de stockages, seuls deux interfaces supportent le branchement à chaud : l'interface SCSI et l'interface SATA.
Pour conclure, le hotspare permet d'augmenter la sécurité d'un ensemble RAID. Il est généralement supporté par les cartes RAID "haut de gamme" et par les NAS. Il est surtout utilisé sur de gros ensembles de disques.
9) Conclusion
Le RAID matériel est une solution très intéressante pour améliorer la sécurité et/ou les performances des données stockées sur une machine ou sur le réseau. La solution la plus efficace mais aussi la plus chère reste l’utilisation de périphériques dédiés (NAS). Mais pour des raisons de coût, les entreprises mettent souvent en place le RAID via des cartes d’extensions. Il faut alors faire un choix entre RAID SCSI (plus performant, plus fiable et plus cher) et RAID SATA. Il est préférable de faire une impasse sur le RAID PATA car c'est une technologie vieillissante. On peut ausi améliorer la sécurité des gros ensemble RAID grâce à l'utilisation d'un ou plusieurs disques de spare. Enfin, on peut aussi améliorer la sécurité ou les performances en créant une combinaison entre plusieurs modes de RAID (exemple de combinaison : RAID 10) en utilisant du RAID matériel et du RAID logiciel. L'avantage du RAID logiciel étant de permettre aux Entreprises et éventuellement aux particuliers qui ont un budget limité de mettre en place la technologie RAID.
PS: L'importation des image n'a pas pu être faite ,mais je vais les insérer très bientôt
En cas de doute faite une recherche ICI.